Histoire de la FNACA à nos jours

HISTOIRE DE LA FNACA

Des origines à nos jours

Des origines multiples (1956-1958)


La FNACA n'est pas née d'un seul jet : elle est l'aboutissement de la fusion de trois associations distinctes créées à la fin des années 1950 pour défendre les appelés et rappelés envoyés en Afrique du Nord :
  • le Groupement des rappelés et maintenus (GRM), créé en novembre 1956, proche des socialistes ;
  • l'Association des anciens d'Algérie (AAA), créée début 1957 par Jean-Jacques Servan-Schreiber, proche du Parti radical ;
  • l'Association nationale des anciens d'Algérie (ANAA), créée autour de Paul Fromonteil, à Châtellerault, et proche du Parti communiste français.

En 1958, ces trois associations se réunissent pour former la Fédération nationale des anciens d'Algérie (FNAA), ancêtre directe de la FNACA. Jean-Jacques Servan-Schreiber en est élu premier président. Devant le congrès d'unification, il fixe déjà le cap de la nouvelle organisation : rassembler dans le respect des convictions de chacun pour défendre les droits légitimes de tous les camarades.

1963 : la naissance officielle de la FNACA

C'est au 4e congrès national, à Noisy-le-Sec, les 30 et 31 mars 1963, que le sigle évolue : le « C » de « Combattant » est ajouté, marquant la volonté de faire reconnaître ce titre aux appelés d'Afrique du Nord, jusqu'alors considérés comme ayant seulement participé à des « opérations de police ». Les statuts, déposés le 17 juin 1963, affirment dès leur article 2 l'indépendance de la fédération à l'égard des pouvoirs publics et de tout parti politique, groupement philosophique ou religieux.

Les débuts sont difficiles : de 1963 à 1974, la FNACA se heurte à la résistance des gouvernements successifs, peu enclins à parler de « guerre » d'Algérie et plus encore à reconnaître des droits à ses anciens combattants.

Les présidents qui se sont succédé

Période Président
1958 –1965 Jean-Jacques Servan-Schreiber, fondateur et premier président
1965 – 1975 Jacques De Jaeger
1975 – 2011 Wladyslas Marek, auparavant secrétaire national chargé des relations avec les élus
Depuis 2011 Guy Darmanin, après avoir assuré l'intérim de septembre à novembre 2011

Guy Darmanin est toujours à la tête de la fédération aujourd'hui, entouré d'un Secrétariat national et d'un Comité national de 136 membres élus à bulletin secret.

Les grandes victoires de la fédération

Tout au long de son histoire, la FNACA a porté plusieurs combats mémoriels et sociaux qui ont abouti :

  • la loi du 9 décembre 1974, à l'origine de laquelle elle se trouve, qui reconnaît la qualité de combattant aux anciens d'Afrique du Nord (attribution de la carte du combattant pour 120 jours de présence entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet 1962) ;
  • la reconnaissance officielle de la guerre d'Algérie, obtenue en octobre 1999 ;
  • l'officialisation du 19 mars comme journée nationale du souvenir : après le vote de l'Assemblée nationale en janvier 2002 puis celui du Sénat, la loi n° 2012-1631 est promulguée le 6 décembre 2012, faisant du 19 mars — date du cessez-le-feu de 1962 — une « journée nationale du souvenir et de recueillement » en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie.

Cette date reste toutefois contestée par d'autres associations d'anciens combattants et de rapatriés, comme l'UNC.

La FNACA aujourd'hui

Longtemps première association d'anciens combattants de France — jusqu'à 382 000 adhérents dans les années 1990 —, la FNACA voit ses effectifs décliner naturellement avec le temps qui passe : 301 000 membres en 2017, 245 000 en 2022, 184 890 en 2025 dont 50 000 veuves. Face au vieillissement de ses adhérents, la fédération a d'ailleurs prévu son auto-dissolution au niveau national à l'horizon 2031 (sauf imprévu).

Elle continue néanmoins d'agir activement pour la mémoire de la guerre d'Algérie à travers sa commission GAJE (Guerre d'Algérie Jeunesse Enseignement), son journal L'Ancien d'Algérie, et ses milliers de comités locaux et départementaux répartis sur tout le territoire.